Covid-19 : une start-up parisienne propose la détection sans la pression

Updated: Aug 27

Cet article a été publié dans Le Parisien le 11 août 2020.


Une start-up lance une borne non connectée de détection de température et de port du masque, destinée à dédramatiser l’obligation sanitaire liée à la pandémie.


Mesurer la température en un clin d'œil et vérifier le port du masque, mais sans protocole anxiogène ni aucun enregistrement de données, donc sans déroger aux injonctions de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), ni mettre à mal le règlement général sur la protection des données (RGPD)? C'est l'enjeu d'un post-confinement qui voit entreprises et lieux publics, des magasins aux écoles, des gares aux lieux culturels, contraints d'organiser leur propre surveillance des risques. Alors que plusieurs dispositifs ont notamment été retoqués par la Cnil, comme celui expérimenté dans le métro pour le contrôle des masques, une start-up parisienne se lance à la conquête du marché à venir avec une borne digitale « no stress », sans contact, non connectée et adaptable à tous lieux. À poser sur un bureau ou en version sur pied, à hauteur d'enfant ou taille adulte avec distribution de désinfectant en option, l'objet se veut presque ludique. C'est en tout cas le pari lancé avec assurance par les jeunes entrepreneurs de CXB Hub, installés dans le XIVe arrondissement.


Paris XIVe, lundi. Si la température est bonne et que vous portez votre masque, l’appareil clignote en vert.LP/Elodie Soulié



« Le meilleur de l'humain et de la technologie »


« Aujourd'hui le défi est de réussir le parfait équilibre entre la sécurité sanitaire et une expérience humaine positive, que ce soit avec les clients d'un magasin, les salariés d'une entreprise, les enfants et les équipes d'une école, les étudiants et le personnel d'une université etc », explique Claire Bonniol, cofondatrice de cette start-up initialement spécialisée dans l'accompagnement d'entreprises dans l'innovation digitale et l'amélioration des services aux clients, « en associant le meilleur de l'humain et de la technologie », décrit-elle.

La pandémie a donné une nouvelle direction à cette vocation. « Il y a urgence à repenser l'accueil du public, explique Claire Bonniol, et l'on s'est rendu compte que l'attente numéro 1 des gens, c'est le sentiment de sécurité. Ce qu'ils demandent c'est « Mettez-moi en sécurité et donnez-moi confiance »… Or les gestes barrières et les règles sanitaires ont un impact énorme sur une étape cruciale de la relation avec un client, avec un public ou avec le personnel : l'accueil. Le sourire chaleureux, la politesse, la capacité à renseigner quelqu'un… Notre principe, c'est que la sécurité ne doit pas détériorer cette étape, donc il fallait faire en sorte que les gens aient une perception différente de l'obligation ». Lui enlever sa dose de stress, amener les gens à ne pas la subir mais à l'adopter. « C'est une façon plus efficace d'encourager la prise de conscience », estime-t-elle, en rappelant que cette prise de température, initialement peu conseillée car considérée comme une dose d'anxiété supplémentaire, tend à se généraliser. « Certains pays l'ont rendue obligatoire depuis le début, des entreprises ou des administrations l'imposent, note la jeune femme. Or personne n'a envie de se faire appliquer sur le front ou le poignet un pistolet de prise de température, au moment de faire du shopping, de prendre le train ou d'aller au restaurant… »


L'anonymat est garanti


Le principe de sa borne ? Conçu avec un partenaire japonais de la jeune entreprise, le « kiosque » est en fait un écran robot équipé d'un détecteur sans contact à infrarouge, dont on s'approche comme d'un miroir. Et c'est tout. « On le pose, on le branche », résume Claire Bonniol. L'appareil se charge de mesurer la température instantanément, voire de détecter un masque s'il est programmé pour. Il clignote en vert si tout est bien, en rouge dans le cas contraire, et peut parler en 19 langues pour vous demander de mettre votre masque ou vous indiquer quoi faire en cas de température. « Les bornes ne sont pas connectées, insiste la fondatrice, donc c'est une garantie d'anonymat qui rend confiance à ceux qui l'utilisent. Nous voulons que les gens l'adoptent comme une borne pratique, un service rendu et non une contrainte ».Sur fond d'un été qui voit le virus perdurer, l'inquiétude remonter et les mesures de sécurité se renforcer, la petite start-up parisienne voit son carnet de commandes se remplir, et assure pouvoir fournir toutes sortes de clients, notamment les magasins ou les écoles avec des « kiosques » à hauteur d'enfant. Selon les modèles, l'appareil peut coûter jusqu'à 1 700 €, Une enseigne de salles de sport parisienne l'a déjà adoptée, « Une mairie prévoit de s'équiper à la rentrée, notamment pour ses crèches, ainsi qu'une maison de retraite », souligne la fondatrice de CXB Hub.


Découvrez les kiosques de détection de température sur www.cxbtech.fr


Dossier de presse Detecteurs de temperat
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